Accueil - Liste des associations
"Protéger la nature, c'est protéger l'homme"
Estuaire SudAssociation loi 1901 - affiliée à la Fédération SOS Estuaire (Le Havre) et à la fédération Haute-Normandie Nature Environnement HNNE (Rouen)
Président : Claude BLOT - Vice-Président : André HAUSSER
Il est évident qu'au niveau de la planète, le développement industriel n'est pas toujours maîtrisé, les comportements irresponsables face à la nature dégradent de façon irréversible les biosystèmes et génèrent des évolutions imprévisibles, mais souvent néfastes pour l'humanité et les générations futures (climats, biodiversité, qualité de la vieà).
Au final, cette démarche aventureuse risque aussi à terme de perturber gravement le développement économique, et ne pas permettre d'évoluer vers un développement durable, souhaitable pour tous.
Pour ce qui concerne notre région, l'estuaire de la Seine a déjà subi de graves dommages (pollution des eaux et de l'air, destruction d'espaces naturels, pollution visuelle et sonore...) qui dégradent l'environnement et la qualité de la vie des habitants.
Apporter notre contribution à un aménagement maîtrisé, cohérent et durable de la baie de seine sur la rive sud (la rive nord étant gérée par le mouvement associatif existant).
L'estuaire étant un ensemble fragile, complexe et interdépendant il convient d'en prendre le plus grand soin lors des aménagements ou des évolutions induits par l'homme :
Il faut protéger la biodiversité, voire la régénérer, de très nombreuses espèces faunistiques et floristiques y sont recensées et protégées par les réglementations européennes et nationales (par exemple, rôle très important des oiseaux migrateurs, des vasières en tant que nourricerie pour les ressources halieutiques et l'avifauneà).
Il convient d'avoir une gestion de l'espace "économe" notamment lors des projets de développement industriel ou routier ; Chaque hectare pris indûment est perdu pour la nature et ne peut qu'accélérer les processus pervers constatés actuellement et dont les effets à long terme sont imprévisibles, mais certainement nocifs pour l'homme (évolutions climatiques, disparition des ressources de la pêche, inondations, altération de la biodiversité et donc appauvrissement des ressources pour l'homme...).
Il convient aussi de protéger la qualité de vie de cette région dont la vocation résidentielle, rurale, maritime et touristique est évidente. Il s'agit d'un potentiel formidable qu'il ne faut pas gaspiller mais au contraire développer parallèlement avec de petites unités industrielles proche des bassins de vie et d'emploi.
Au final, répondre à une attente de plus en plus partagée par nos concitoyens qui aspirent à un mieux-vivre s'appuyant sur le respect de la nature et un développement raisonné.
Nous intéresser à tous les projets d'aménagement à venir sur la zone de l'estuaire SUD (la zone Nord étant déjà efficacement couverte par le mouvement associatif existant) et intervenir si le projet n'est pas conforme à nos valeurs.
Dans ce cadre, il convient de mieux gérer les espaces disponibles, avant de lancer de nouveaux projets, par exemple, l'avant-projet de zone industrielle ZIPEC :
Contribuer à une meilleure information du public afin d'accélérer la prise de conscience des enjeux pour l'avenir
Etre une véritable cellule de réflexion et de proposition
Participer à toutes les concertations possibles, en les provoquant si nécessaire
Le projet de développement industriel (dit de la ZIPEC) impulsé par le Conseil Général du Calvados est apprécié par l'association comme un projet néfaste et destructeur du patrimoine naturel.
Dans ce contexte, tous les élus (maires, députés, conseillers régionaux et généraux) concernés (11 élus) ont été rencontrés et sensibilisés sur nos préoccupations. Des dossiers ont été adressés aux pouvoirs publics (préfectures et ministères), aux organismes gérants l'environnement et le patrimoine naturel et à la Commission européenne.
Cette pression tout azimut aboutit pour l'instant au "blocage" du projet (application de la loi "Littoral").
Il nous paraissait important de réagir après la prise de position du préfet du Calvados devant les élus du Conseil général La conférence de presse que nous avons organisée le 31 octobre 2000 a été un véritable succès. L'ensemble des médias présents dans la région a répondu à notre invitation et contribué efficacement à relayer nos points de vue.
Le représentant de l'Etat a rappelé au Conseil Général que la Loi Littoral était potentiellement applicable sur la ZIPEC. C'est extrêmement important puisque dans son fondement, cette loi stipule que seules sont admises sur les zones soumises à la loi les activités qui nécessitent impérativement une présence du littoral. Il en est ainsi pour l'activité portuaire ou des activités aquacoles. Cela exclu toute autre activité du type logistique ou tertiaire. Dans sa mise en garde aux élus, le préfet a néanmoins admis le principe qu'une zone de 50 à 60 ha pourrait se développer à l'ouest du pont de Normandie dans le prolongement de l'actuelle zone industrielle. En revanche, la partie située à l'est - du pont de Normandie à Berville sur mer - entrerait dans le champ de la loi. Evidemment, cette prise de position a violemment fait réagir les élus qui prétendent qu'elle bloque tout espoir de développement économique de la rive gauche de la Seine, les incitant à redoubler de vigueur pour imposer leur projet de Zipec sur 200 ha.
Au cours de la conférence de presse, après avoir rappelé la très forte valeur écologique de la plaine alluviale, nous nous sommes attachés à expliquer que la réaction des élus était un "faux semblant". En effet, des zones d'activités susceptibles d'accueillir des entreprises de haute technologie sont disponibles telle que la zone des plateaux de Honfleur. Et s'il devenait nécessaire dans l'avenir d'aménager la partie située à l'ouest du pont, les 50 ha suffiraient pour de longues décennies. A titre de comparaison , nous avons cité la zone d'activité technologique Actis à Caen qui accueille 2 700 emplois sur seulement 20 ha. Bien sûr, les élus du Calvados ne veulent pas entendre ce discours de la raison et préfèrent se réfugier dans une politique électoraliste du "bulldozer" sans véritablement se préoccuper des retombées en terme d'emplois de qualité et des conséquences sur l'environnement et la qualité de vie.
Estuaire Sud a aussi pour objectif d'informer et de sensibiliser la population sur toutes les atteintes au patrimoine naturel. Dans notre dernier bulletin, nous avions mentionné le problème des boues de dragage sur Honfleur. Notre enquête sur ces dépôts de boues, avec toutes les irrégularités qu'ils comportent et la négligence dont semble avoir fait preuve leurs dépositaires, nous conduit, au bout de 6 mois, à entreprendre une campagne d'information et d'actions pour aboutir à un dépôt de plainte contre X effectué le 24 novembre, en collaboration avec une association régionale et une association nationale.
En effet, comme nous l'avons décrit dans la presse, le nouveau dépôt de boues se situe sur un terrain pollué par des hydrocarbures. Comme ce terrain n'a pas été dépollué comme prévu, 5 hectares idéalement situés se trouvent condamnés. L'ancien dépôt, connu de tous puisque situé le long de la digue promenade menant à la plage, a représenté un danger mortel pour les passants car il n'était pas clôturé. Aujourd'hui, il constitue encore un grave risque pour les générations futures. En effet, ce dépôt n'ayant pas d'existence légale, les matières sèches pourraient très bien un jour être enlevées et se retrouver... dans nos jardins.
La réponse est très simple : non seulement la plaine alluviale d'Honfleur présente un atout paysager indéniable mais tous les experts s'accordent pour mettre en avant son patrimoine naturel exceptionnel.
De nombreuses discussions et débats sont en cours à propos de l'Estuaire de la Seine (Port 2000, étendue des ZPS suite à la condamnation par la Cour Européenne de Justice, application de la directive "Habitats" et du réseau Natura 2000, plan de gestion de la réserve naturelle, Directive Territoriale d'Aménagement...).
Nous rappelons que les espaces naturels en Haute-Normandie sont très rares (seulement 3% de la superficie de cette région a été reconnue scientifiquement Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique Remarquable ZNIEFF Type I) et très menacés.
A l'entrée de l'estuaire de la Seine, de Honfleur à Berville sur Mer, une vaste plaine alluviale a été créée par l'homme au cours du 20ème siècle, à partir d'un banc de sable mouvant. Une zone industrielle et portuaire s'est développée à partir d'Honfleur. En 1995, le talus autoroutier de l'accès au pont de Normandie a clairement divisé cette plaine en deux zones :
Ces deux sites naturels de grande valeur, le bassin des Chasses et la plaine alluviale d'Honfleur à l'Est du pont de Normandie, sont très menacés à court et moyen terme. C'est pourquoi nous avons développé le dossier ci-joint pour faire le point sur ces deux sites :
En conclusion de ce dossier, il apparaît clairement que ces deux sites doivent être protégés au plus vite en utilisant les lois et directives s'y appliquant. Nous pensons qu'au regard de leur patrimoine naturel et de leur situation en littoral, ils doivent être classés en Zone Spéciale de Conservation et Zone de Protection Spéciale en application des directives "Habitats" et "Oiseaux", intégrés au réseau Natura 2000 et acquis par le Conservatoire du Littoral.
Note à l'attention du lecteur : toutes les données sur le patrimoine naturel (habitats, flore et faune), sauf indication contraire, sont issues de l'étude "Expertise des milieux naturels sur la plaine alluviale d'Honfleur" faite par le cabinet Environnement Vôtre (Rouen) et publiée en juin 1999 avec un complément en décembre 1999. Cette étude a été commandée par les conseils généraux en vue de l'aménagement de zones industrielles.